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Le télétravail fait-il réellement l’unanimité ?

Le télétravail fait-il réellement l’unanimité ?
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 Le télétravail désigne cette organisation du travail lorsqu’un individu exerce une activité professionnelle, en tout ou en partie à distance ( ou au moins en dehors des locaux de l’employeur). Ce nouveau mode de travail est rendu possible via le Digital et les outils collaboratifs. Si le télétravail est régulièrement mis en avant, notamment lors des grandes grèves, de nombreux freins existent encore à sa pleine utilisation. University RH souhaite faire le point sur les avancées en la matière.

  50 % des salariés affirment que le travail à distance n’est pas défendu par leur supérieur – Quid pendant les grèves ?

 En marche pour un télétravail décomplexé

  Favorables au télétravail, les trois quarts (72 %) des Français hésitent pourtant à sauter le pas…

  Deux tiers des Millenials se sentent jugés par leurs aînés lorsqu’ils ne travaillent pas au bureau

  Télétravail : 60% des Français estiment ne pas être indispensables à leur poste de travail !


 50 % des salariés affirment que le travail à distance n’est pas défendu par leur supérieur – Quid pendant les grèves ?

Une période de grève générale des transports en communs de 3 mois vient d’être annoncée. Les déplacements professionnels risquent d’être compliqués pour beaucoup de Français. En effet, on recense 5 millions d’utilisateurs des transports ferroviaires et 10 millions d’usagers empruntant le métro, le bus, le RER ou encore le tramway chaque jour. Pour que les salariés ne pâtissent pas de ce mouvement de grève, des solutions existent comme le télétravail, mais encore faut-il que les entreprises jouent le jeu.

Le télétravail : un sujet qui divise au sein des entreprises
Le télétravail, cette solution pratique, qui permet aux salariés de rester productifs sans être présents physiquement au bureau ne fait pas l’unanimité auprès de toutes les organisations. En effet, sur un échantillon de 1 052 salariés français(1), 50 % affirment que le travail à distance n’est pas défendu par leur supérieur. 14 % ne sont même jamais autorisés à travailler en dehors du bureau. 43 % pensent que la technologie qui leur est fournie pour travailler à domicile n’est pas assez performante et facile d’utilisation.

Les ordonnances Macron changent la donne. En effet, elles facilitent la possibilité pour un salarié d’exercer son activité depuis un autre endroit que son lieu de travail, grâce aux technologies de l’information et de la communication. Pour refuser la mise en place du télétravail à un de ses salariés, l’employeur doit « motiver sa réponse ». Cependant, l’entreprise ne sera plus dans l’obligation de prendre en charge l’intégralité des coûts (abonnements, logiciels, matériels…).

Le « présentéisme » dans les entreprises coûte plus cher que le télétravail
Par « présentéisme », on entend la situation d’un salarié présent sur son lieu de travail, mais totalement démotivé. Plusieurs facteurs peuvent en être la cause, comme les heures passées dans les transports pour se rendre au bureau qui entraînent la lassitude et le manque de productivité. En effet, 37 % des Français pensent qu’ils doivent être au bureau juste pour être visibles de leur hiérarchie(2). Le taux de présentéisme est compris entre 6,5 % et 9 %, pour un coût effectif proche des 20 milliards d’euros par an(3).

« Vouloir que ses salariés soient présents dans l’entreprise est compréhensible. Qu’ils soient productifs est plus important. La mise en place de journées consacrées au télétravail pour les employés, surtout dans les grandes villes, est un levier permettant d’améliorer le bien-être au trava il. Autoriser le télétravail au moins pendant les périodes de grève permettrait à l’activité de l’entreprise de ne pas ralentir. Bien évidemment, toutes les fonctions n’ont pas la possibilité de travailler à distance. Mais pour les entreprises qui en ont la possibilité, il serait regrettable de ne pas accorder cette facilité à leurs collaborateurs », déclare Matthieu Courtois, Directeur régional Europe du Sud Fuze.

L’adoption du télétravail : bénéfice en quelques chiffres

une baisse de 5,5 jours par an d’arrêts maladie;
• une augmentation du temps de travail de 2,5 %;
• une augmentation de la productivité de 22 %;
• une réduction de 40 min du temps moyen de trajet domicile-travail;
• une augmentation de 45 min du temps moyen de sommeil des salariés, donc une meilleur concentration au travail


 En marche pour un télétravail décomplexé

Richard Wetzeltélétravail – Par Richard Wetzel, avocat fondateur de Wetzel Avocats

Saviez-vous qu’en France on dit « faire d’une pierre deux coups » alors qu’en Allemagne on dit « Sept d’un coup » ? Serait-il possible d’imaginer une mesure qui pourrait apporter à la fois une solution organisationnelle à l’entreprise, concilier la vie privée avec la vie professionnelle, réduire les situations de stress au travail, améliorer l’autonomie et la satisfaction du collaborateur, réduire les émissions de gaz à effet de serre : « make our planet great again », influencer la baisse du prix de l’immobilier et utiliser enfin son abonnement internet très haut débit ?

Le télétravail a été mis à l’honneur par l’ordonnance n°2017-1387 du 22 septembre 2017 qui encadre désormais un dispositif élaboré initialement par l’accord national interprofessionnel du 19 juillet 2005. « Le télétravail désigne toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon volontaire en utilisant les technologies de l’information et de la communication » (L.1222-9 du code du travail).

Télétravail, outils collaboratifs, productivité (2016)

Sur la base du volontariat et réversible, il est établi soit par accord collectif, soit, à défaut, par une charte élaborée par l’employeur. Ce texte devra prévoir les conditions du passage au télétravail et son retour, les modalités d’acceptation par le salarié des conditions de mise en œuvre, les modalités de contrôle du temps de travail ou de régulation de la charge de travail et la détermination des plages horaires durant lesquelles l’employeur peut habituellement contacter le salarié. A savoir aussi que le refus de l’employeur d’une demande d’un salarié devra être motivé.

Affectant les conditions d’emploi et de travail, le comité social et économique (CSE) est consulté sur ce projet.

En l’absence d’accord ou de charte, et sous réserve d’y recourir occasionnellement, un avenant au contrat de travail devra être formalisé pour en fixer les modalités.

En cas d’épisodes neigeux importants, l’employeur pourra envisager de prendre des mesures exceptionnelles de télétravail afin de garantir la protection de ses salariés et de préserver la continuité de l’activité de l’entreprise.

Le statut de télétravailleur offre les mêmes droits que celui de salarié en entreprise : formation, droit syndical, entretien professionnel, égalité professionnelle, 13ème mois,… (c’est une lapalissade). L’article L.1222-10 du code du travail ajoute également l’information du télétravailleur sur les règles d’utilisation de l’outil informatique. Il ne faut tout de même pas oublier de protéger les données informatiques de l’entreprise (connexion filaire, restriction des accès…). Les règles contraignantes imposées aux salariés devront faire l’objet d’une information et consultation du CSE voire d’une déclaration auprès de la CNIL.

L’accord doit prévoir également le droit prioritaire de retrouver un emploi équivalent en entreprise et de tenir, annuellement, un entretien en vue de faire le point sur les conditions d’activité du salarié et sa charge de travail.

La réforme Macron a supprimé la question de la prise en charge des coûts découlant directement de l’exercice du télétravail, issue de la loi du 22 mars 2012 relative à la simplification du droit et à l’allégement des démarches administratives. Est-ce dire alors qu’il faudra se limiter à ce qui a été convenu ou posé par la charte ? La jurisprudence protège toujours le salarié sur ce point qui ne doit pas endosser le risque et les frais liés à l’activité économique de la société. Ainsi, le télétravailleur bénéficie d’une indemnité au titre de l’occupation de son domicile à des fins professionnelles dès lors qu’un local professionnel n’a pas été mis effectivement à sa disposition (Cass. Soc. 8 novembre 2017, n°16-18505).

L’employeur ne pourra pas accéder au domicile du salarié sans son consentement. Il n’en demeure pas moins qu’il sera recommandé à l’employeur de s’assurer de la conformité de l’installation électrique et informatique du télétravailleur. Ce dernier devra également recevoir les outils adaptés et, au besoin, y être formés.

Enfin, comment réagir en cas d’accident au domicile du salarié ? Le texte est sans équivoque, l’accident survenu sur le lieu où est exercé le télétravail pendant l’exercice de l’activité professionnelle du télétravailleur est présumé être un accident du travail.

Comme le départ d’un enfant du domicile familial, le télétravail se prépare.

 


 Favorables au télétravail, les trois quarts (72 %) des Français hésitent pourtant à sauter le pas…

Alors que trois Français sur quatre (76 %) saluent l’assouplissement du cadre juridique relatif au télétravail, qui devrait favoriser son essor, une proportion presque identique de répondants déclare qu’elle n’a pas l’intention de travailler à distance. Selon l’étude Randstad, 72 % des répondants disent en effet qu’ils ne comptent pas formuler une demande de télétravail auprès de leur employeur dans les six mois à venir. Ce résultat paradoxal semble signaler l’hésitation des Français à se saisir d’une évolution à laquelle ils sont pourtant favorables. Le télétravail, en somme, n’est pas encore rentré dans les mœurs. L’étude Randstad a été réalisée du 15 novembre au 17 décembre 2017 sur la base d’un questionnaire administré en ligne par l’institut Kantar TNS sur un échantillon représentatif de la population française de 6 440 personnes, actives ou potentiellement actives, âgées de 18 à 65 ans.

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Selon l’étude Randstad, près de trois Français sur quatre (72 %) déclarent ne pas avoir l’intention de formuler une demande de télétravail auprès de leur employeur dans les six mois à venir. Faut-il voir dans ce résultat un désaveu pour une forme de travail censée que l’on pensait plébiscitée et favorable à l’équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle ? Je ne le crois pas. Plus des trois quarts (76 %) des répondants se disent dans le même temps satisfaits de la réforme récente qui promeut le télétravail en obligeant désormais l’employeur à justifier un refus. Les sondés expriment donc en creux leur souhait de pouvoir bénéficier du télétravail au moment où ils l’entendent. Dans le contexte actuel de perturbation des transports ferroviaires et aériens, ce moment est peut-être venu », déclare François Béharel, président du groupe Randstad France.

En réformant le code du travail, les ordonnances de septembre 2017 ont également proposé un nouveau cadre juridique pour le télétravail. Un cadre juridique assoupli. L’objectif ? Faciliter et favoriser le recours à cette forme d’organisation du travail. Parmi les nouveautés apportées par les ordonnances, le télétravail n’est plus nécessairement régulier – il peut aussi être occasionnel – ; il peut être mis en place par un accord d’entreprise – alors qu’il fallait auparavant qu’il soit prévu dans le contrat de travail ou par un avenant à ce contrat – et l’obligation pour l’employeur, désormais, de justifier au salarié son refus de lui accorder une demande de télétravail. Ce dernier point est particulièrement plébiscité par les Français interrogés dans l ‘étude Randstad, et recueille 76 % d’approbation.

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 Deux tiers des Millenials se sentent jugés par leurs aînés lorsqu’ils ne travaillent pas au bureau

polycomUne enquête menée dans le monde entier fait état de certaines inquiétudes à propos de la flexibilité sur le choix du lieu de travail, alors que la génération connectée se heurte aux pratiques traditionnelles

·         66 % des « millenials » craignent que leurs collègues pensent qu’ils ne travaillent pas suffisamment lorsqu’ils ne sont pas au bureau, contre 50 % des « baby-boomers » ;

·         72 % des millenials aiment travailler depuis différents endroits, car ils peuvent ainsi maîtriser davantage l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ;

·         67 % sont convaincus que le fait de travailler à l’extérieur du bureau stimule la productivité et la créativité ;

·         83% des représentants de la « Génération Y » utilisent la collaboration vidéo toutes les semaines pour garder le contact avec leurs collègues

On les appelle souvent les enfants du numérique, mais que se passe-t-il lorsque des « millenials » férus de technologie se heurtent aux habitudes de travail conventionnelles ? Selon les conclusions d’une enquête réalisée par Polycom auprès de plus de 25 000 personnes à travers le monde, de nombreuses entreprises acceptent difficilement le mode de travail flexible et connecté que plébiscitent les jeunes générations. De plus, 66 % des millenials se sentent jugés, craignant que leurs collègues estiment qu’ils ne travaillent pas assez s’ils ne sont pas présents au bureau.

Pouvoir travailler à l’endroit de son choix est une exigence de plus en plus courante, à l’heure où un nombre croissant de jeunes professionnels se demandent si les méthodes de travail traditionnelles leur conviennent. La flexibilité du travail est déjà populaire, 70 % des millenials travaillant « souvent » ou « de temps en temps » sur le lieu de leur choix (seulement 15 % ne le font jamais). Parallèlement, le bureau n’est pas nécessairement leur destination privilégiée : 67 % des millenials préfèrent travailler à l’extérieur pour doper leur productivité.

Pour cette génération qui manie couramment Skype, FaceTime ou Snapchat à titre personnel, l’utilisation de la visioconférence pour communiquer avec des collègues est un geste naturel. Il n’est donc guère surprenant que selon l’enquête 83 % des millenials utilisent cet outil de collaboration de façon hebdomadaire.

Témoins du stress qu’ont supporté leurs parents surchargés de travail, de plus en plus de millenials entendent suivre une voie différente : d’après cette enquête, 72 % d’entre eux apprécient de travailler d’où ils le souhaitent, car ils peuvent ainsi contrôler l’équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle. Or, cet équilibre est de plus en plus mis à rude épreuve pour les millenials qui commencent à avoir des enfants — 45 % d’entre eux sont déjà parents —, ce qui rend la gestion du temps personnel encore plus vitale. Par ailleurs, les représentants de la Génération Y sont davantage enclins que les groupes plus âgés à travailler à l’endroit de leur choix afin de libérer du temps pour être plus créatifs, faire du sport ou s’adonner à d’autres activités.

Que peuvent faire les entreprises pour aider les jeunes membres de leurs équipes ?

« Il est très important d’être transparent quant aux règles et aux attentes », déclare Billie Hartless, responsable RH de Polycom. « Près de 3 millenials sur 5 [57 %] souhaitent que la direction des ressources humaines définisse des lignes directrices claires concernant la politique de flexibilité au travail de leur entreprise. Ils sauront ainsi de façon précise sur quelle base ils travaillent. Nombre d’entre eux [59 %] souhaitaient également que les mêmes règles soient applicables à tous, pas seulement aux parents ou aux employés plus anciens. Tous les salariés pourront ainsi travailler où bon leur semble. »

C’est avant tout d’une technologie simple d’emploi permettant d’être en contact avec leurs collègues et de travailler de manière flexible dans des conditions optimales que les millenials ont besoin. L’étude indique que 61 % d’entre eux souhaitent simplement que leur entreprise mette la bonne technologie à leur disposition.

« Lorsque les entreprises favorisent le télétravail, tout le monde est gagnant : l’entreprise bénéficie d’une productivité accrue, et les millenials sont plus épanouis. Reste à savoir si elles franchiront le pas ! », se demande Billie Hartless.


 Télétravail : 60% des Français estiment ne pas être indispensables à leur poste de travail !

Tout savoir sur le télétravail et le quotidien des Français au travail.

Planzone, éditeur d’un logiciel de gestion de projet, a réalisé une étude auprès de 500 cadres dans les PME françaises. Moyens de communication, télétravail, pratique de logiciels ou encore réunions : Ce sondage s’est principalement focalisé sur l’organisation au quotidien des salariés français. Décryptons ensemble ces chiffres !

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Encore trop peu de télétravail pour les employés ?

60% des sondés estiment que leur présence au bureau n’est pas indispensable. Parmi ces derniers, ce sont 53% des cadres dirigeants (PDG, DG, directeurs) qui s’autorisent à travailler depuis leur domicile entre 1 et 10 jours par mois. Alors que les employés ne sont que 11%. Ce sont par ailleurs les secteurs Informatique / Logiciels (79%) et Marketing / Communication (72%) qui sont les plus concernés.

Trop de logiciels utilisés au quotidien ?

64% des salariés français utilisent entre 5 et 10 logiciels différents au quotidien ! 15% entre 10 et 20. Calendrier partagé, gestionnaire de documents et outil de planning font partie du podium des logiciels les plus utilisés. Seuls 37% des sondés ont centralisé leurs logiciels dans une application collaborative.

L’e-mail : Premier moyen de communication

60% des sondés ont systématiquement leur boîte mail sous les yeux. L’e-mail est utilisé à 82% pour communiquer avec les partenaires et fournisseurs, 78% pour les clients et 59% entre collaborateurs. C’est donc l’outil numéro 1 pour communiquer aussi bien en interne qu’en externe.

Trop de réunions pour les managers

51% des managers, ayant une équipe d’au moins 7 personnes, organisent entre 3 et 5 réunions physiques par semaine !

Bonne confiance envers les équipes

87% des managers interrogés estiment que déléguer des tâches à leurs équipes est “un acte facile”. Mais, parmi les 13% restants, 46% estiment que cette difficulté réside dans la volonté de tout contrôler.

Pour aller plus loin, on peut lire une analyse plus approfondie de ces résultats sur le blog de Planzone.

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Consultant innovateur dans le domaine des RH et des TIC, Stéphane Poignant décrypte via sa plateforme, l’impact du digital et du numérique sur la fonction RH. Concepteur, formateur au CEPRECO (CCI de Lille), chez IFOCOP, CESI, PIGIER, il est chargé d'enseignement au CNAM de Lille. Stéphane Poignant a créé et a animé Indice RH, site Média de référence dans les Ressources Humaines durant une dizaine d’années.

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