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Revue de presse sur l’égalité professionnelle et la mixité

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Accès des jeunes femmes et des jeunes hommes aux emplois cadres, une égalité trompeuse

Le ministère du Travail organise du 2 au 8 octobre la semaine de l’égalité professionnelle femmes-hommes, signe, s’il en était besoin, des progrès qu’il reste à accomplir en la matière même si certains résultats sont encourageants. Ainsi, pour la première fois, en 2013, après 3 ans de vie active, les jeunes femmes deviennent aussi souvent cadre que les jeunes hommes. Pour observer l’évolution structurelle de la position des jeunes femmes sur le marché du travail, les auteur.e.s du Céreq Bref n°359 ont comparé les enquêtes Génération 1998 et 2010 : sur 100 jeunes cadres sortis du système scolaire trois ans plus tôt, on comptait 49 femmes en 2013 contre 41 en 2001.

Un des éléments centraux à l’origine de ce rattrapage est le niveau d’études plus élevé des jeunes femmes, et leur forte progression dans l’enseignement supérieur. Ainsi la part des femmes diplômées aux niveaux master et doctorat est de 18 % pour la Génération 2010 alors qu’elle était de 10 % en 1998.

L’écart de salaire tend à se réduire : en euros constants, le salaire médian* des jeunes femmes cadres est passé de 87 % du salaire masculin en 2001 à 93 % en 2013. Cependant, elles restent davantage employées en CDD et à temps partiel que les hommes.

Pour autant, les femmes devraient être davantage cadres qu’elles ne le sont : toutes choses égales par ailleurs, et donc à diplôme comparable, les femmes conservent 32 % de chances de moins que les hommes de devenir cadres. L’égalité apparente masque donc une inégalité des chances, peu susceptible d’être rattrapée dans les années qui suivent, avec l’arrivée éventuelle d’enfant(s).
jeunes femmes - hommes emplois cadres - cereq

 

Depuis 20 ans, les enquêtes Génération fournissent des données sur les différences de conditions d’accès à l’emploi en fonction de la formation initiale suivie et de diverses caractéristiques individuelles.


Egalité femmes hommes en entreprise : un sujet toujours tabou

Egalité femmes hommes – Une femme sur deux estime que les hommes sont avantagés lors des entretiens d’embauche

19% des femmes déclarent avoir été victimes d’une situation d’inégalité en entreprise et 14% des femmes déclarent y avoir été victimes d’une situation de harcèlement sexuel

social builderMonster.fr, un leader mondial de la mise en relation entre les personnes et les opportunités de carrière, dévoile  les résultats d’une enquête menée par l’institut YouGov en partenariat avec Social Builder, start-up sociale qui favorise la mixité dans les métiers du numérique et dans l’entrepreneuriat. Cette étude s’est intéressée à l’égalité femmes-hommes dans le monde du travail, en interrogeant à la fois salarié.e.s* et professionnel.le.s des RH** en France. Les résultats mettent en exergue les inégalités toujours bien présentes en entreprise mais également leur différence de perception.

Du coté des salarié.e.s : une nette différence de perception

Inégalité : un mot dont le genre reste féminin dans le milieu professionnel

Premier constat : les hommes seraient plutôt idéalistes face au sujet de l’inégalité entre les genres au sein de leurs organisations ! Ils sont un sur deux à penser avoir les mêmes chances que leurs collègues féminines à compétences et expériences égales lors d’un processus d’embauche. Pourtant, ces dernières ne sont que 28% à avoir la même conviction ! Cette même différence se retrouve aussi une fois dans l’entreprise. La reconnaissance du travail au quotidien et l’accès à une promotion sont jugés plus difficiles par les salariées : 59% d’entre elles estiment que pour y prétendre, les femmes doivent travailler plus que leurs homologues masculins, ces derniers n’étant que 29% à partager ce sentiment.

monsterLes inégalités salariales sont quant à elles bien connues et il est intéressant de noter que les hommes sont seulement 36% à penser être payés plus que leurs collègues féminines, à poste équivalent, contre un peu plus d’une femme sur deux qui s’estime lésée (52%). Malgré la mise en lumière par le gouvernement et les entreprises de solutions pour pallier à ces situations, le ressenti des employées reste donc pour le moment très contrasté.

Sexisme, discrimination et harcèlement : des situations encore trop présentes au sein de l’entreprise

19% des femmes déclarent avoir été victimes d’une situation d’inégalité au travail et 14% d’une situation de harcèlement sexuel. Malgré les récents mouvements #MeToo, #TimesUp et #BalanceTonPorc permettant une libération de la parole dans l’espace public, la réalité en entreprise reste encore différente et le sujet tabou.

Seul un peu plus d’un tiers des Françaises (35%) estime que ces mouvements leur ont donné davantage confiance pour dénoncer des cas de harcèlement sexuel qu’elles auraient vécus ou dont elles auraient été témoins.

Si l’on sait que le sexisme reste encore répandu, femmes,hommes et professionnel.le.s des RH n’en ont pas tout à fait la même vision.

En termes de sexisme, la situation, en entreprise, qui interpelle plus d’une femme sur deux est le fait d’attendre d’elles de sourire (53%).

Les hommes, eux, placent l’interruption systématique des prises de parole des salariées en réunion en premier (42%). D’autres exemples sont également pointés du doigt comme faire une remarque sur le supposé manque de féminité de certaines collaboratrices (45% pour les femmes vs 37% des hommes). Du côté des professionnel.le.s des RH, la situation considérée la plus sexiste est le fait de commenter l’apparence physique d’un.e employé.e (59%).

égalité femmes hommes …Une vision de l’avenir en demi-teinte

Interrogé.e.s sur les solutions pour améliorer l’égalité femmes-hommes, les salarié.e.s sont sans appel : la transparence sur les salaires reste LA priorité (45%) ! Mettre en place une politique phare en termes d’égalité professionnelle dans leur entreprise n’arrive qu’en seconde position (34%). Autre initiative attendue : la promotion du congé parental partagé pour une réelle prise de conscience de cette possibilité par l’ensemble des salarié.e.s (30%). Cette mesure trouve un écho tout particulier alors qu’une négociation pour mettre en place un congé parental allongé et mieux rémunéré est en cours au niveau européen.

Dans ce contexte d’attentisme, seul un peu moins de la moitié (46%) des salarié.e.s pensent que leur entreprise ira vers plus d’égalité entre les genres dans les années à venir. L’avenir semble plus optimiste parmi les professionnel.le.s des RH qui sont 59% à estimer qu’une évolution positive est possible.

« Au-delà des différences de perception des femmes et des hommes sur ce qu’est le sexisme, ces chiffres sont alarmants. Réussir à déjouer les agissements sexistes est nécessaire pour remédier à la situation, mais encore faut-il pouvoir les déceler », explique Emmanuelle Larroque, Directrice de Social Builder. Pour elle, « la seule manière de lutter efficacement contre le sexisme dans le monde professionnel est de sensibilier et former tou.te.s les collaborateur.rice.s pour permettre ainsi une libération de la parole et un changement des comportements dans l’entreprise ».

égalité femmes hommes … Du coté des RH : entre idéalisme et réalité

Inégalités et sexisme : les initiatives des entreprises à concrétiser

Du côté des professionnel.le.s des ressources humaines, le portrait ne permet pas plus d’optimisme : pour 70% d’entre eux, leur entreprise possède une politique ou de grandes lignes directrices destinées à garantir l’égalité femmes-hommes en matière d’embauche… mais seulement 42% estiment que ces mesures sont effectives et 41% qu’elles devraient être mises à jour. Cette conscience des efforts à fournir est renforcée par le fait que 44% de ces expert.e.s reconnaissent que les femmes doivent travailler plus que les hommes pour obtenir de la reconnaissance ou une promotion.

Sur les cas de discrimination ou de harcèlement, 36% des professionnel.le.s déclarent que ce type de situation est signalé de temps à autre. A contrario, 35% des entreprises n’ont pas de solutions concrètes pour lutter contre le sexisme.

« Ce dernier point est révélateur. Si les entreprises ont conscience du chemin qu’il reste à parcourir sur la question de l’égalité femmes-hommes dans sa globalité, elles peuvent manquer de vision quant au chemin à suivre, et ont alors besoin d’être guidées pour avancer dans la bonne direction : celle qui prendra en compte leurs contraintes propres » explique Cédric Gérard, Directeur Marketing de Monster.fr. « C’est justement pour accélérer le passage à l’acte que nous avons récemment lancé Monster Innovation, une opération qui va recenser les dispositifs vertueux en la matière. L’objectif est de montrer aux entreprises qui hésitent encore à investir le sujet que quelle que soit leur taille ou secteur d’activité, elles trouveront avec Monster Innovation des exemples d’actions concrètes et documentées, dont elles pourront s’inspirer afin de les dupliquer plus facilement en interne ».

#Jouezlacomme : ces entreprises qui accélèrent sur l’égalité professionnelle

Le congés parental partagé : un signal fort en faveur de l’égalité professionnelle

Les services des ressources humaines se montrent par contre plus optimistes que les employé.e.s au sujet de l’égalité salariale. 81% estiment qu’elle évoluera positivement dans les années à venir, tout en ayant conscience que le chemin à parcourir reste long. Cela passera notamment par la réelle mise en application du congé parental partagé : 69% le proposent dans leur entreprise mais, seulement un.e collaborateur.ice sur trois en est conscient. Ce sont pourtant ce genre de mesures qui sont plébiscitées et qui permettront aux femmes d’accéder à plus d’égalité femmes hommes.

L’opération Monster Innovation

De la PME ou start-up expérimentant localement des dispositifs novateurs jusqu’au grand groupe déployant une démarche d’envergure, l’opération Monster Innovation vise à récompenser et faire rayonner tout type d’initiative favorisant l’égalité femmes-hommes dans le milieu professionnel.

Jusqu’au 15 juin, les entreprises sont appelées à soumettre leurs initiatives et actions concrètes sur la plateforme suivante : monster.fr/monsterinnovation

· Tous les projets déjà lancés sont éligibles, quel que soit leur état d’avancement.

· Ils seront ensuite examinés par les équipes Monster et Social Builder qui en sélectionneront 12. Parmi les principaux critères de sélection, citons le caractère novateur et reproductible des dispositifs.

*Etude menée par YouGov du 26 février au 13 mars 2018, auprès de plus de 1000 répondant.e.s, de 18 ans et +, employé.e.s à temps plein ou à temps partiel en France : synthèse des résultats disponible ici.

** Etude menée par YouGov du 26 février au 13 mars 2018, auprès de plus de 101 professionnel.le.s des ressources humaines en France.

( Mot clés égalité femmes hommes )


Le digital contribue à réduire les inégalités hommes-femmes au travail, selon une étude Accenture

Paris, le 7 mars 2016 – Une nouvelle étude Accenture, Getting to Equal: How Digital is Helping Close the Gender Gap at Work, démontre que le digital aide à réduire les inégalités hommes-femmes dans la sphère professionnelle. L’aisance digitale des femmes, c’est-à-dire la manière dont les femmes adoptent aujourd’hui les technologies numériques, pour améliorer leurs connaissances et expertises, être plus efficaces et connectées dans leur travail, joue un rôle central dans le chemin vers l’égalité femmes-hommes.

L’aisance digitale est un levier pour faciliter l’ensemble du parcours professionnel des femmes, et cela bien avant leur entrée dans la vie active, le niveau d’éducation étant d’autant plus élevé que les élèves sont à l’aise avec le digital. Ce levier est encore primordial lors de l’accès à l’emploi où il existe une forte corrélation entre l’aisance digitale et l’accès à l’emploi des femmes. Enfin l’aisance digitale va avoir un impact dans la progression des carrières des femmes et l’accès à des postes de management. Même si dans la plupart des pays, les femmes accusent toujours un retard par rapport aux hommes en matière de maîtrise du numérique, l’amélioration de leurs compétences peut leur permettre de changer la donne.

Si les gouvernements et les entreprises parviennent à doubler le rythme d’adoption des technologies digitales par les femmes, l’égalité femmes-hommes pourrait être une réalité dans les pays dits matures d’ici 25 ans, contre 50 ans au rythme actuel. Dans les pays émergents, l’égalité femmes-hommes dans le cadre professionnel pourrait être atteinte d’ici 45 ans, contre 85 ans au rythme actuel.

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« Les femmes sont une source de talents inexploitée qui peut aider à réduire les écarts entre les compétences nécessaires aux entreprises pour rester concurrentielles et les talents disponibles sur le marché du travail », commente Pierre Nanterme, président-directeur général d’Accenture. « Gouvernements et entreprises disposent d’une opportunité sans précédent d’œuvrer ensemble pour permettre aux femmes de développer leurs compétences numériques et d’accélérer ainsi l’égalité femmes-hommes dans le cadre professionnel. »

S’il est vrai que la maîtrise du numérique aide les femmes à progresser dans leur carrière, son impact n’a pas pour autant mis fin à l’inégalité hommes-femmes chez les cadres, ni aux inégalités de salaires. Les hommes continuent de gagner les revenus les plus importants du foyer et de loin, toutes générations confondues. Cette situation évoluera lorsque davantage de femmes de la génération Y et nées dans le monde numérique accèderont à des postes de cadres. Selon le rapport Accenture, parmi les femmes dans le monde issues des générations X et Y, six sur dix aspirent à des postes de direction.

En outre, le rapport indique que lorsque hommes et femmes présentent le même niveau de maîtrise du numérique, cette aisance digitale a un impact très positif sur le taux d’emploi des femmes (accès à l’emploi et maintien dans l’emploi). On n’observe par ailleurs pratiquement pas de différence entre le pourcentage d’hommes et de femmes qui disent utiliser le numérique dans leur formation et leur recherche d’emploi (91 % et 90 % respectivement). Plus de 40 % des sondés, hommes et femmes confondus, indiquent que le numérique leur permet de travailler depuis chez eux ; 29 % estiment qu’il leur offre un meilleur équilibre entre vie personnelle et professionnelle et 36 % affirment que le numérique a amélioré leur accès aux opportunités d’emploi.

Les pays ayant le taux d’aisance digitale le plus élevé sont les Pays-Bas, les pays Nordiques, les Etats-Unis et l’Angleterre. Les hommes sont globalement plus à l’aise avec le digital que les femmes, notamment au Japon, à Singapour, en France, en Suisse et aux Pays-Bas. En France, les femmes utilisent beaucoup mieux que les hommes le numérique pour obtenir et améliorer leur accès à l’éducation mais sont moins intéressées, que les femmes espagnoles et italiennes par exemple, par les carrières technologiques et scientifiques. Il en ressort donc que, malgré un score élevé en matière d’éducation, les résultats sur l’emploi des femmes et leur présence à des postes de direction en France sont proches de la moyenne des pays interrogés par le modèle, respectivement à la 15e et la 10e place.

« Il existe de nombreuses manières de réduire les inégalités hommes-femmes dans le cadre professionnel, mais le digital est un outil particulièrement puissant », commente Anne Pruvot, directrice exécutive, membre du comex d’Accenture en France et présidente du réseau Accent sur Elles. « L’accès à l’égalité femmes-hommes prendra du temps, mais les investissements dans les compétences numériques des femmes, via l’éducation, la formation professionnelle et la pratique quotidienne dans le cadre du travail, accélèreront leur progression à chaque étape de leur carrière.   


Lancement des Elles de la CASDEN Banque Populaire, réseau féminin de la Banque de toute la Fonction publique

Elles de la CASDEN Banque Populaire-1La CASDEN Banque Populaire a lancé officiellement mardi 28 mars, les Elles de la CASDEN Banque Populaire, 32ème réseau féminin du Groupe BPCE. Sylvie GARCELON, Directeur Général de la CASDEN Banque Populaire a indiqué à cette occasion : « La société et l’entreprise ne peuvent se passer de 50% de ses talents, ce réseau féminin est donc indispensable pour nous aider à progresser. »

A la CASDEN Banque Populaire, les femmes représentent 72% de la population en CDI, le réseau a pour objectif d’accompagner les femmes dans leurs projets et leur évolution professionnelle, de les soutenir dans leur mobilité, et enfin de renforcer la mixité à tous les niveaux hiérarchiques, fondement de tout réseau féminin.

A ce jour, le réseau compte déjà 95 adhérentes et a créé 3 commissions de travail composées chacune d’une dizaine d’adhérentes pour travailler sur la réflexion et la mise en place des actions des Elles de la CASDEN Banque Populaire. Pour ce lancement officiel, les Elles de la CASDEN Banque Populaire ont reçu le soutien de Nicole ETCHEGOINBERRY, Présidente du Directoire de la Caisse d’Epargne Loire-Centre et Présidente des Elles du Groupe BPCE, et de Dominique JOSEPH, Secrétaire Générale de la Mutualité Française et Présidente du réseau des femmes en mutualité MutElles, venues témoigner de leur expérience. Des échanges précieux dont nous pouvons retenir ces mots de Dominique JOSEPH : « J’ai osé franchir un pas ou un fossé qui me semblait complètement inaccessible. Ces mots : oser, avoir confiance et avoir envie et oser je les porte et je les promeus chaque jour».

Nicole ETCHEGOINBERRY a, quant à elle, clôturé la table ronde par cet encouragement : « Osez avoir un projet professionnel, persévérez, soyez un peu égoïstes, réseautez et surtout restez femmes ! »

A propos de la CASDEN : Banque coopérative de toute la Fonction publique, la CASDEN fait partie du Groupe BPCE, deuxième groupe bancaire en France dont elle détient 3,5 % du capital. A fin 2016, la CASDEN compte 563 collaborateurs, 239 Délégués Départementaux, 8 284 Correspondants dans les établissements scolaires, universitaires et autres, et plus d’1,5 million de Sociétaires. www.casden.fr @casden_BP


Les femmes diplômées du supérieur en 2020 pourraient être la première génération à atteindre la parité salariale, selon une étude d’Accenture

Paris, le 8 mars 2017 – Dans les pays développés, les femmes diplômées de l’enseignement supérieur en 2020 pourraient être la première génération à combler l’écart salarial hommes-femmes au cours de sa vie professionnelle, selon une étude menée par Accenture.

Ce rapport, Getting to Equal 2017, révèle que d’ici quelques décennies, l’écart salarial pourrait se combler si les femmes tiraient parti de trois facteurs d’égalisation professionnelle et si elles bénéficiaient d’un soutien adéquat des entreprises, des gouvernements et du monde de l’enseignement.

Avec ces changements, la parité salariale pourrait être atteinte d’ici 2044, au lieu de 2080 (hypothèse où ces changements ne seraient pas appliqués), réduisant ainsi de 36 ans le temps nécessaire pour combler l’écart. Dans les pays émergents, ces changements pourraient réduire ce temps de plus de 100 ans, avec une parité salariale qui serait atteinte en 2066 plutôt qu’en 2168.

« L’égalité hommes-femmes est un impératif qui doit concerner chacun d’entre nous, et cette égalité repose notamment sur la parité salariale. Il est de notre responsabilité, à tous, d’agir pour combler cet écart plus rapidement. Nous ne pouvons pas nous résoudre à vivre dans un monde où la moitié de l’humanité est traitée différemment de l’autre, » affirme Christian Nibourel, président d’Accenture en France et au Benelux.

L’étude d’Accenture montre qu’au niveau mondial, un homme gagne en moyenne 40% de plus qu’une femme, c’est-à-dire qu’une femme gagne en moyenne 100 euros pour 140 euros gagnés par un homme. À ce déséquilibre s’ajoute le fait que les femmes sont moins susceptibles que les hommes d’avoir un emploi payé (50 % contre 76 %). Cela contribue à un « écart salarial caché » qui accentue les inégalités économiques entre les hommes et les femmes : pour 100 euros gagnés par une femme, un homme gagne 258 euros, selon le rapport.

L’étude identifie également plusieurs facteurs essentiels qui affectent la capacité des femmes à atteindre un salaire égal dès l’enseignement supérieur. Les étudiantes françaises sont actuellement moins enclines que leurs camarades masculins à :

  • choisir des domaines d’étude qu’ils considèrent comme offrant un potentiel de salaire élevé (31 % des femmes interrogées contre 66 % des hommes) ;
  • avoir un mentor (55 % contre 66 %) ;
  • aspirer à des postes de direction (31 % contre 42 %).

De plus, les jeunes femmes françaises sont moins nombreuses, en comparaison avec leurs compatriotes masculins, à adopter rapidement les nouvelles technologies (58 % contre 66 %) et à suivre des cours de codage et d’informatique (79 % contre 90 %).

Ce rapport, qui s’appuie sur les recherches menées en 2016 par Accenture sur la réduction de l’écart hommes-femmes sur le lieu de travail, propose trois accélérateurs pour réduire l’écart salarial :

  • Maîtrise du numérique – l’utilisation des technologies numériques pour apprendre, se former, travailler et se construire un réseau ;
  • Stratégie de carrière – la nécessité pour les femmes de viser haut, d’avoir la possibilité de faire des choix et de gérer leur carrière de manière proactive ;
  • Immersion technologique – la curiosité et l’apprentissage des expertises technologiques et numériques pour avancer aussi rapidement que les hommes.

L’application de ces accélérateurs de carrière, associée à un soutien des entreprises, des gouvernements, des écoles et universités, pourraient réduire l’écart salarial de 35 % d’ici 2030, soit une augmentation des revenus des femmes de l’ordre de 3,7 trillions (3,7 milliards de milliards) d’euros.

« L’égalité des sexes est un élément essentiel d’un lieu de travail inclusif, et cela s’étend aux salaires », explique Pierre Nanterme, Président-directeur général d’Accenture. « Les entreprises, les gouvernements et le monde de l’enseignement ont tous un rôle important à jouer pour combler ce fossé. La coopération entre ces organisations est essentielle pour créer les opportunités, l’environnement approprié et les figures tutélaires qui insuffleront le changement. »


44% des Françaises estiment ne pas bénéficier d’une pleine égalité avec les hommes

A la veille de la Journée Internationale des Femmes, une nouvelle étude Ipsos menée dans 24 pays révèle que même si une vaste majorité (88%) des citoyens se montre favorable à l’égalité des chances entre hommes et femmes, près des trois quarts (72%) jugent que cette égalité n’est pas une réalité dans leur propre pays.

Chiffres de l’étude pour la France 

Une très large majorité des Français (87%) estime que hommes et femmes devraient bénéficier d’une totale égalité des chances. Ils sont même 65% à se définir comme féministes.
Pour autant, 44% des Françaises estiment ne pas bénéficier d’une pleine égalité avec les hommes.
Le sentiment que les femmes sont inférieures aux hommes est marginal en France, mais il n’a pas totalement disparu : seuls 15% jugent que les hommes sont plus capables dans certains domaines essentiels de la vie publique (éducation, travail), et 12% pensent que les femmes sont inférieures aux hommes.

Une égalité inachevée

Au niveau mondial, une très nette majorité (88%) déclare croire en l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, un chiffre qui est similaire auprès des deux sexes : 86% des hommes et 89% des femmes partagent cette opinion. Cette opinion est largement majoritaire dans l’ensemble des pays, avec un niveau compris entre 94% (en Suède et en Argentine) et 71% (au Japon).

Pour autant, en moyenne, 72% des personnes interrogées disent que des inégalités entre les droits politiques, économiques et/ou sociaux des hommes et des femmes existent dans leur propre pays. Une opinion majoritaire dans l’ensemble des pays sauf en Russie (seuls 42% des Russes perçoivent des inégalités hommes/femmes), et qui est aussi sensiblement plus élevée chez les femmes (76%) que chez les hommes (68%). En France, 78% pensent que les femmes souffrent d’inégalités en matière politique, économique ou sociale, soit un des niveaux les plus élevés d’Europe, nettement devant la Pologne (59%), l’Allemagne (63%), l’Italie (68%) ou le Royaume-Uni (71%).

Cependant, les femmes sont plus positives sur leur situation personnelle. Ainsi, 60% d’entre elles en moyenne pensent qu’elles bénéficient d’une égalité complète avec les hommes dans leur pays et qu’elles ont la possibilité de réaliser leurs rêves et d’atteindre leurs objectifs – mais 40% ne sont toutefois pas d’accord. C’est notamment en Europe du sud (Espagne, Italie), en Asie (Japon, Corée du sud), mais aussi en Turquie ou au Brésil que les femmes estiment ne pas bénéficier d’une égalité de traitement dans leur propre vie. En France, les femmes âgées de moins de 35 ans (49%) sont plus enclines que leurs aînées (41% chez les plus de 50 ans) à juger que l’égalité n’est pas atteinte.

Une défense active de l’égalité  des droits

Plus de la moitié (58%) des citoyens des 24 pays interrogés se considèrent comme féministes, les femmes ayant plus tendance à se définir ainsi que les hommes (62% contre 55%). Cependant, moins de la moitié se disent féministes en Allemagne (37%), en Russie (39%), au Japon (42%) ou en Hongrie (46%). Et si une large majorité (83%) des Indiens se dit féministe, ce chiffre témoigne de grandes différences d’interprétation de ce terme dans des pays de cultures très différentes : se déclarer féministe en Inde n’appelle probablement pas les mêmes opinions et les mêmes attitudes qu’en Scandinavie. De plus, la méthodologie de l’étude, réalisée en ligne, conduit à interroger des populations aisées, diplômées et urbaines dans les pays émergents, avec un impact certain sur les résultats. Reste qu’obtenir l’avis de ces classes moyennes en plein développement et prescriptrices d’opinion est un but en soi.

En France, 65% des personnes interrogées se disent féministes, ce qui est un pourcentage assez élevé comparé à nos voisins : 63% en Espagne, 58% au Royaume-Uni, 56% en Belgique et même 37% en Allemagne. Etonnamment, ce sont d’ailleurs surtout les seniors qui se proclament féministes : 74% chez les plus de 50 ans, contre 58% parmi les 35 ans et moins.

Parallèlement, la majorité des sondés (68%) déclare défendre activement les droits des femmes en agissant directement pour changer les choses, avec une proportion similaire d’hommes et de femmes. Toutefois, ce chiffre est plus faible en France (59%). A noter qu’un quart des personnes interrogées (24%) dit avoir parfois peur de prendre position en faveur des droits des femmes, une situation que l’on rencontre notamment en Inde (50%) et en Turquie (39%). Dans la plupart des pays, un niveau de diplôme supérieur prémuni en partie contre ce type de craintes.

Une perception traditionnelle des genres en recul

Les stéréotypes de genre, s’ils sont en recul, n’ont pas disparu, notamment en Europe de l’est et en Asie. L’opinion selon laquelle les hommes sont plus à même que les femmes d’obtenir des succès scolaires ou professionnels est partagée par 25% des personnes interrogées au niveau global, et même par 56% des Chinois, 54% des Russes ou 48% des Indiens. De même, une personne sur cinq (18%) pense que les femmes sont inférieures aux hommes, dont 46% des Russes et 33% des Serbes, ou encore 46% des Indiens et 24% des Chinois. Enfin, 17% des personnes interrogées jugent que les femmes devraient avant tout avoir et élever des enfants, et ne devraient pas aspirer à une vie sociale hors du foyer. Là encore, Indiens (44%), Russes (30%) et Chinois (24%) se montrent particulièrement traditionnalistes. Les Français partagent en revanche beaucoup moins ces opinions : 12% pensent que les hommes sont supérieurs aux femmes ou que les femmes devraient avant tout s’occuper de leur famille.

Sur ces différentes questions, on constate au niveau global des niveaux très proches entre les hommes et les femmes, signe que la culture et les traditions des différents pays pèsent d’un poids très lourd sur la perception des rôles des sexes, au-delà même du propre sexe des répondants.

Étude réalisée online, du 20 janvier au 3 février 2017 auprès de 17 551 personnes âgées de 16 à 64 ans dans 24 pays : Afrique du Sud, Allemagne, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Belgique, Brésil, Canada, Corée du Sud, Espagne, France, Royaume-Uni, Hongrie, Inde, Italie, Japon, Mexique, Pérou, Pologne, Russie, Serbie, Suède, Turquie et États-Unis.


Egalité professionnelle « réelle » entre hommes et femmes : la part visible de l’iceberg

roberthalfParis, le 19 janvier 2017 –  Egalité professionnelle … Alors que depuis janvier 2017, la loi Copé-Zimmermann oblige les grandes entreprises à compter au moins 40% de femmes dans leurs conseils d’administration, les inégalités entre les hommes et les femmes en milieu professionnel perdurent. Comment dépasser l’égalité « formelle » pour enfin atteindre une égalité « réelle » ? Robert Half, expert du recrutement spécialisé a demandé à un panel* de 200 responsables des Ressources Humaines ce qu’ils préconisent pour réduire voire mettre un terme aux inégalités de genre en entreprises.

Des leviers d’égalité clairement identifiés

En matière de rémunérations, le principe du Code du Travail (article L.3221-2) : “à travail égal, salaire égal » fait l’objet de nombreuses conversations notamment lorsqu’il est question du genre. Les chiffres sont parlants : les hommes gagnent en moyenne, 19,6% de plus que les femmes**, les derniers chiffres Insee sur le revenu moyen des français (19 janvier 2017) confirment.

Il persiste des formes de discrimination salariale que la pratique, trop peu courante, de la transparence – citée et plébiscitée -par les DRH pourrait concrètement amoindrir :

  • 43% DRH interrogés jugent la pratique de la transparence salariale comme le meilleur outil (des fourchettes précises peuvent être communiquées en fonction des métiers et de l’expérience)
  • suivi par le contrôle des promotions et des augmentations (25%),
  • et la mise en place automatique de la promotion donnant lieu à une augmentation fixe (24%)

A noter que 23% des DRH pensent que leur entreprise devrait mener des audits de salaires.

Les femmes doivent s’affirmer et saisir les opportunités qui se présentent

Nous constatons une évolution des consciences au sein des entreprises. L’égalité professionnelle s’est imposée comme un objectif partagé par tous, et ce pour des raisons tant économiques que politiques. Toutefois, les femmes rencontreraient encore des difficultés – des oppositions dès qu’il s’agit d’accéder à des postes à responsabilités, de concilier vie professionnelle et vie personnelle, etc.

Selon les DRH que nous avons interrogés : les talents féminins doivent désormais oser : d’une part, affirmer leurs compétences et expériences et d’autre part se positionner clairement (sur leurs objectifs) pour favoriser un changement de mentalité et lever quelques préjugés à leur encontre.

  • Pour 39 % : les femmes doivent être plus affirmées lors des négociations de salaire et communiquer les desiderata et objectifs de carrière de façon plus directe.
  • Pour 37% faire connaître et valoriser leurs réalisations au sein de l’entreprise.
  • Enrichir et développer leurs compétences via les programmes de formation (31%).
  • Se positionner clairement sur une potentielle promotion (23%)

Une politique d’égalité doit être appréhendée comme n’importe quel projet au sein d’une organisation. Sa mise en pratique dépend aussi bien de leviers parfaitement transparents, décrits plus hauts que de la promotion de la qualité de vie au travail en améliorant, par exemple, l’articulation vie familiale – vie professionnelle. Noémie Cicurel, directeur Robert Half et OfficeTeam remarque que les disparités salariales homme/ femme interviennent au cours de la vie professionnelle notamment au moment des congés maternité : elles se trouvent fréquemment exclues des vagues d’augmentations, sans tenir compte du travail réalisé en amont.

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Consultant innovateur dans le domaine des RH et des TIC, Stéphane Poignant décrypte via sa plateforme, l’impact du digital et du numérique sur la fonction RH. Concepteur, formateur au CEPRECO (CCI de Lille), chez IFOCOP, CESI, PIGIER, il est chargé d'enseignement au CNAM de Lille. Stéphane Poignant a créé et a animé Indice RH, site Média de référence dans les Ressources Humaines durant une dizaine d’années.
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