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Revue de presse sur l’égalité professionnelle et la mixité

Revue de presse sur l’égalité professionnelle et la mixité
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Accès des jeunes femmes et des jeunes hommes aux emplois cadres, une égalité trompeuse

Le ministère du Travail organise du 2 au 8 octobre la semaine de l’égalité professionnelle femmes-hommes, signe, s’il en était besoin, des progrès qu’il reste à accomplir en la matière même si certains résultats sont encourageants. Ainsi, pour la première fois, en 2013, après 3 ans de vie active, les jeunes femmes deviennent aussi souvent cadre que les jeunes hommes. Pour observer l’évolution structurelle de la position des jeunes femmes sur le marché du travail, les auteur.e.s du Céreq Bref n°359 ont comparé les enquêtes Génération 1998 et 2010 : sur 100 jeunes cadres sortis du système scolaire trois ans plus tôt, on comptait 49 femmes en 2013 contre 41 en 2001.

Un des éléments centraux à l’origine de ce rattrapage est le niveau d’études plus élevé des jeunes femmes, et leur forte progression dans l’enseignement supérieur. Ainsi la part des femmes diplômées aux niveaux master et doctorat est de 18 % pour la Génération 2010 alors qu’elle était de 10 % en 1998.

L’écart de salaire tend à se réduire : en euros constants, le salaire médian* des jeunes femmes cadres est passé de 87 % du salaire masculin en 2001 à 93 % en 2013. Cependant, elles restent davantage employées en CDD et à temps partiel que les hommes.

Pour autant, les femmes devraient être davantage cadres qu’elles ne le sont : toutes choses égales par ailleurs, et donc à diplôme comparable, les femmes conservent 32 % de chances de moins que les hommes de devenir cadres. L’égalité apparente masque donc une inégalité des chances, peu susceptible d’être rattrapée dans les années qui suivent, avec l’arrivée éventuelle d’enfant(s).
jeunes femmes - hommes emplois cadres - cereq

 

Depuis 20 ans, les enquêtes Génération fournissent des données sur les différences de conditions d’accès à l’emploi en fonction de la formation initiale suivie et de diverses caractéristiques individuelles.


Egalité femmes hommes en entreprise : un sujet toujours tabou

Egalité femmes hommes – Une femme sur deux estime que les hommes sont avantagés lors des entretiens d’embauche

19% des femmes déclarent avoir été victimes d’une situation d’inégalité en entreprise et 14% des femmes déclarent y avoir été victimes d’une situation de harcèlement sexuel

social builderMonster.fr, un leader mondial de la mise en relation entre les personnes et les opportunités de carrière, dévoile  les résultats d’une enquête menée par l’institut YouGov en partenariat avec Social Builder, start-up sociale qui favorise la mixité dans les métiers du numérique et dans l’entrepreneuriat. Cette étude s’est intéressée à l’égalité femmes-hommes dans le monde du travail, en interrogeant à la fois salarié.e.s* et professionnel.le.s des RH** en France. Les résultats mettent en exergue les inégalités toujours bien présentes en entreprise mais également leur différence de perception.

Du coté des salarié.e.s : une nette différence de perception

Inégalité : un mot dont le genre reste féminin dans le milieu professionnel

Premier constat : les hommes seraient plutôt idéalistes face au sujet de l’inégalité entre les genres au sein de leurs organisations ! Ils sont un sur deux à penser avoir les mêmes chances que leurs collègues féminines à compétences et expériences égales lors d’un processus d’embauche. Pourtant, ces dernières ne sont que 28% à avoir la même conviction ! Cette même différence se retrouve aussi une fois dans l’entreprise. La reconnaissance du travail au quotidien et l’accès à une promotion sont jugés plus difficiles par les salariées : 59% d’entre elles estiment que pour y prétendre, les femmes doivent travailler plus que leurs homologues masculins, ces derniers n’étant que 29% à partager ce sentiment.

monsterLes inégalités salariales sont quant à elles bien connues et il est intéressant de noter que les hommes sont seulement 36% à penser être payés plus que leurs collègues féminines, à poste équivalent, contre un peu plus d’une femme sur deux qui s’estime lésée (52%). Malgré la mise en lumière par le gouvernement et les entreprises de solutions pour pallier à ces situations, le ressenti des employées reste donc pour le moment très contrasté.

Sexisme, discrimination et harcèlement : des situations encore trop présentes au sein de l’entreprise

19% des femmes déclarent avoir été victimes d’une situation d’inégalité au travail et 14% d’une situation de harcèlement sexuel. Malgré les récents mouvements #MeToo, #TimesUp et #BalanceTonPorc permettant une libération de la parole dans l’espace public, la réalité en entreprise reste encore différente et le sujet tabou.

Seul un peu plus d’un tiers des Françaises (35%) estime que ces mouvements leur ont donné davantage confiance pour dénoncer des cas de harcèlement sexuel qu’elles auraient vécus ou dont elles auraient été témoins.

Si l’on sait que le sexisme reste encore répandu, femmes,hommes et professionnel.le.s des RH n’en ont pas tout à fait la même vision.

En termes de sexisme, la situation, en entreprise, qui interpelle plus d’une femme sur deux est le fait d’attendre d’elles de sourire (53%).

Les hommes, eux, placent l’interruption systématique des prises de parole des salariées en réunion en premier (42%). D’autres exemples sont également pointés du doigt comme faire une remarque sur le supposé manque de féminité de certaines collaboratrices (45% pour les femmes vs 37% des hommes). Du côté des professionnel.le.s des RH, la situation considérée la plus sexiste est le fait de commenter l’apparence physique d’un.e employé.e (59%).

égalité femmes hommes …Une vision de l’avenir en demi-teinte

Interrogé.e.s sur les solutions pour améliorer l’égalité femmes-hommes, les salarié.e.s sont sans appel : la transparence sur les salaires reste LA priorité (45%) ! Mettre en place une politique phare en termes d’égalité professionnelle dans leur entreprise n’arrive qu’en seconde position (34%). Autre initiative attendue : la promotion du congé parental partagé pour une réelle prise de conscience de cette possibilité par l’ensemble des salarié.e.s (30%). Cette mesure trouve un écho tout particulier alors qu’une négociation pour mettre en place un congé parental allongé et mieux rémunéré est en cours au niveau européen.

Dans ce contexte d’attentisme, seul un peu moins de la moitié (46%) des salarié.e.s pensent que leur entreprise ira vers plus d’égalité entre les genres dans les années à venir. L’avenir semble plus optimiste parmi les professionnel.le.s des RH qui sont 59% à estimer qu’une évolution positive est possible.

« Au-delà des différences de perception des femmes et des hommes sur ce qu’est le sexisme, ces chiffres sont alarmants. Réussir à déjouer les agissements sexistes est nécessaire pour remédier à la situation, mais encore faut-il pouvoir les déceler », explique Emmanuelle Larroque, Directrice de Social Builder. Pour elle, « la seule manière de lutter efficacement contre le sexisme dans le monde professionnel est de sensibilier et former tou.te.s les collaborateur.rice.s pour permettre ainsi une libération de la parole et un changement des comportements dans l’entreprise ».

égalité femmes hommes … Du coté des RH : entre idéalisme et réalité

Inégalités et sexisme : les initiatives des entreprises à concrétiser

Du côté des professionnel.le.s des ressources humaines, le portrait ne permet pas plus d’optimisme : pour 70% d’entre eux, leur entreprise possède une politique ou de grandes lignes directrices destinées à garantir l’égalité femmes-hommes en matière d’embauche… mais seulement 42% estiment que ces mesures sont effectives et 41% qu’elles devraient être mises à jour. Cette conscience des efforts à fournir est renforcée par le fait que 44% de ces expert.e.s reconnaissent que les femmes doivent travailler plus que les hommes pour obtenir de la reconnaissance ou une promotion.

Sur les cas de discrimination ou de harcèlement, 36% des professionnel.le.s déclarent que ce type de situation est signalé de temps à autre. A contrario, 35% des entreprises n’ont pas de solutions concrètes pour lutter contre le sexisme.

« Ce dernier point est révélateur. Si les entreprises ont conscience du chemin qu’il reste à parcourir sur la question de l’égalité femmes-hommes dans sa globalité, elles peuvent manquer de vision quant au chemin à suivre, et ont alors besoin d’être guidées pour avancer dans la bonne direction : celle qui prendra en compte leurs contraintes propres » explique Cédric Gérard, Directeur Marketing de Monster.fr. « C’est justement pour accélérer le passage à l’acte que nous avons récemment lancé Monster Innovation, une opération qui va recenser les dispositifs vertueux en la matière. L’objectif est de montrer aux entreprises qui hésitent encore à investir le sujet que quelle que soit leur taille ou secteur d’activité, elles trouveront avec Monster Innovation des exemples d’actions concrètes et documentées, dont elles pourront s’inspirer afin de les dupliquer plus facilement en interne ».

#Jouezlacomme : ces entreprises qui accélèrent sur l’égalité professionnelle

Le congés parental partagé : un signal fort en faveur de l’égalité professionnelle

Les services des ressources humaines se montrent par contre plus optimistes que les employé.e.s au sujet de l’égalité salariale. 81% estiment qu’elle évoluera positivement dans les années à venir, tout en ayant conscience que le chemin à parcourir reste long. Cela passera notamment par la réelle mise en application du congé parental partagé : 69% le proposent dans leur entreprise mais, seulement un.e collaborateur.ice sur trois en est conscient. Ce sont pourtant ce genre de mesures qui sont plébiscitées et qui permettront aux femmes d’accéder à plus d’égalité femmes hommes.

L’opération Monster Innovation

De la PME ou start-up expérimentant localement des dispositifs novateurs jusqu’au grand groupe déployant une démarche d’envergure, l’opération Monster Innovation vise à récompenser et faire rayonner tout type d’initiative favorisant l’égalité femmes-hommes dans le milieu professionnel.

Jusqu’au 15 juin, les entreprises sont appelées à soumettre leurs initiatives et actions concrètes sur la plateforme suivante : monster.fr/monsterinnovation

· Tous les projets déjà lancés sont éligibles, quel que soit leur état d’avancement.

· Ils seront ensuite examinés par les équipes Monster et Social Builder qui en sélectionneront 12. Parmi les principaux critères de sélection, citons le caractère novateur et reproductible des dispositifs.

*Etude menée par YouGov du 26 février au 13 mars 2018, auprès de plus de 1000 répondant.e.s, de 18 ans et +, employé.e.s à temps plein ou à temps partiel en France : synthèse des résultats disponible ici.

** Etude menée par YouGov du 26 février au 13 mars 2018, auprès de plus de 101 professionnel.le.s des ressources humaines en France.

( Mot clés égalité femmes hommes )


Le digital contribue à réduire les inégalités hommes-femmes au travail, selon une étude Accenture

Paris, le 7 mars 2016 – Une nouvelle étude Accenture, Getting to Equal: How Digital is Helping Close the Gender Gap at Work, démontre que le digital aide à réduire les inégalités hommes-femmes dans la sphère professionnelle. L’aisance digitale des femmes, c’est-à-dire la manière dont les femmes adoptent aujourd’hui les technologies numériques, pour améliorer leurs connaissances et expertises, être plus efficaces et connectées dans leur travail, joue un rôle central dans le chemin vers l’égalité femmes-hommes.

L’aisance digitale est un levier pour faciliter l’ensemble du parcours professionnel des femmes, et cela bien avant leur entrée dans la vie active, le niveau d’éducation étant d’autant plus élevé que les élèves sont à l’aise avec le digital. Ce levier est encore primordial lors de l’accès à l’emploi où il existe une forte corrélation entre l’aisance digitale et l’accès à l’emploi des femmes. Enfin l’aisance digitale va avoir un impact dans la progression des carrières des femmes et l’accès à des postes de management. Même si dans la plupart des pays, les femmes accusent toujours un retard par rapport aux hommes en matière de maîtrise du numérique, l’amélioration de leurs compétences peut leur permettre de changer la donne.

Si les gouvernements et les entreprises parviennent à doubler le rythme d’adoption des technologies digitales par les femmes, l’égalité femmes-hommes pourrait être une réalité dans les pays dits matures d’ici 25 ans, contre 50 ans au rythme actuel. Dans les pays émergents, l’égalité femmes-hommes dans le cadre professionnel pourrait être atteinte d’ici 45 ans, contre 85 ans au rythme actuel.

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« Les femmes sont une source de talents inexploitée qui peut aider à réduire les écarts entre les compétences nécessaires aux entreprises pour rester concurrentielles et les talents disponibles sur le marché du travail », commente Pierre Nanterme, président-directeur général d’Accenture. « Gouvernements et entreprises disposent d’une opportunité sans précédent d’œuvrer ensemble pour permettre aux femmes de développer leurs compétences numériques et d’accélérer ainsi l’égalité femmes-hommes dans le cadre professionnel. »

S’il est vrai que la maîtrise du numérique aide les femmes à progresser dans leur carrière, son impact n’a pas pour autant mis fin à l’inégalité hommes-femmes chez les cadres, ni aux inégalités de salaires. Les hommes continuent de gagner les revenus les plus importants du foyer et de loin, toutes générations confondues. Cette situation évoluera lorsque davantage de femmes de la génération Y et nées dans le monde numérique accèderont à des postes de cadres. Selon le rapport Accenture, parmi les femmes dans le monde issues des générations X et Y, six sur dix aspirent à des postes de direction.

En outre, le rapport indique que lorsque hommes et femmes présentent le même niveau de maîtrise du numérique, cette aisance digitale a un impact très positif sur le taux d’emploi des femmes (accès à l’emploi et maintien dans l’emploi). On n’observe par ailleurs pratiquement pas de différence entre le pourcentage d’hommes et de femmes qui disent utiliser le numérique dans leur formation et leur recherche d’emploi (91 % et 90 % respectivement). Plus de 40 % des sondés, hommes et femmes confondus, indiquent que le numérique leur permet de travailler depuis chez eux ; 29 % estiment qu’il leur offre un meilleur équilibre entre vie personnelle et professionnelle et 36 % affirment que le numérique a amélioré leur accès aux opportunités d’emploi.

Les pays ayant le taux d’aisance digitale le plus élevé sont les Pays-Bas, les pays Nordiques, les Etats-Unis et l’Angleterre. Les hommes sont globalement plus à l’aise avec le digital que les femmes, notamment au Japon, à Singapour, en France, en Suisse et aux Pays-Bas. En France, les femmes utilisent beaucoup mieux que les hommes le numérique pour obtenir et améliorer leur accès à l’éducation mais sont moins intéressées, que les femmes espagnoles et italiennes par exemple, par les carrières technologiques et scientifiques. Il en ressort donc que, malgré un score élevé en matière d’éducation, les résultats sur l’emploi des femmes et leur présence à des postes de direction en France sont proches de la moyenne des pays interrogés par le modèle, respectivement à la 15e et la 10e place.

« Il existe de nombreuses manières de réduire les inégalités hommes-femmes dans le cadre professionnel, mais le digital est un outil particulièrement puissant », commente Anne Pruvot, directrice exécutive, membre du comex d’Accenture en France et présidente du réseau Accent sur Elles. « L’accès à l’égalité femmes-hommes prendra du temps, mais les investissements dans les compétences numériques des femmes, via l’éducation, la formation professionnelle et la pratique quotidienne dans le cadre du travail, accélèreront leur progression à chaque étape de leur carrière.   

Accenture a créé un modèle intitulé Digital Fluency analysant l’impact de la maîtrise du numérique sur la parité femmes-hommes dans le milieu professionnel. Pour développer ce modèle, une enquête a été menée entre décembre 2015 et janvier 2016 auprès de plus de 4.900 femmes et hommes dans 31 pays pour évaluer leur degré d’utilisation des technologies numériques dans leur vie personnelle ainsi que dans le cadre de leurs études ou de leur activité professionnelle. L’échantillon présentait une proportion égale d’hommes et de femmes en activité, représentant trois générations (la génération Y, la génération X et la génération du baby-boom) et travaillant à différents niveaux de responsabilités dans des petites ou des grandes entreprises. La marge d’erreur pour l’échantillon total est d’environ +/- 1,4%. Les technologies numériques comprennent les formations en ligne, les outils de collaboration numérique (webcams, messagerie instantanée), les réseaux sociaux et l’utilisation d’appareils numériques comme les smartphones. Les réponses à l’enquête ont été analysées sur la base de rapports et d’informations publiques sur l’éducation, l’emploi et le leadership ainsi qu’avec les recherches de la Banque mondiale, de l’OCDE, du Forum Economique Mondial et de la Conférence Mondiale des Télécommunication (UIT). Les pays interrogés dans le modèle sont l’Allemagne, l’Afrique du Sud, l’Arabie Saoudite l’Argentine, l’Australie, l’Autriche, le Brésil, le Canada, la Corée du Sud, les Émirats arabes unis, l’Espagne, les États-Unis, la France, la Grande Chine (y compris Hong Kong et Taiwan), l’Inde, l’Indonésie, l’Irlande, l’Italie, le Japon, le Mexique, les Pays-Bas, les pays nordiques (Danemark, Finlande, Norvège, Suède), les Philippines, le Royaume-Uni, Singapour et la Suisse.

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Consultant innovateur dans le domaine des RH et des TIC, Stéphane Poignant décrypte via sa plateforme, l’impact du digital et du numérique sur la fonction RH. Concepteur, formateur au CEPRECO (CCI de Lille), chez IFOCOP, CESI, PIGIER, il est chargé d'enseignement au CNAM de Lille. Stéphane Poignant a créé et a animé Indice RH, site Média de référence dans les Ressources Humaines durant une dizaine d’années.

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