L’Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises pointe la trop faible présence des femmes dans les Comités Exécutifs des grandes entreprises

L’Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises pointe la trop faible présence des femmes dans les Comités Exécutifs des grandes entreprises
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skemaL'Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises publie aujourd'hui les résultats 2017 de son étude annuelle sur la présence des femmes dans les Conseils d'Administration et les Comités Exécutifs des grandes entreprises. Si la féminisation des Conseils d'Administration est en fort accroissement grâce la loi, l'étude pointe la nécessité d'une nouvelle initiative législative pour accroître la présence des femmes dans ces irréductibles lieux de pouvoir masculins que sont les  Comités Exécutifs.

 

Alors que la Loi Copé-Zimmermann est entrée en vigueur en janvier 2017, la féminisation des plus grandes entreprises françaises s'est-elle améliorée ? « On pourrait le penser mais l'analyse fine des données nous montre que ce n'est en réalité pas le cas puisque les femmes restent sous-représentées dans les bastions masculins que sont les Comités Exécutifs, dont la diversité hommes/femmes est laissée au libre arbitre des dirigeants » souligne le Professeur Michel Ferrary, qui dirige l'Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises, créé en 2012.

Sous sa houlette, le rapport de l'Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises a rendu ses conclusions, basées sur l'analyse des données factuelles des rapports annuels publiés en 2016 par 62 des plus grandes entreprises françaises (CAC40 + CAC Next 20). Il y analyse minutieusement chaque année la présence des femmes dans les Conseils d'Administration, les Comités Exécutifs, la population cadres et les effectifs.

 

Les résultats 2017 de l'Observatoire SKEMA livrent 6 constats :

  1. L'augmentation du nombre de femmes dans les Conseils d'Administration résulte davantage de la création de nouveaux postes d'administratrices que du remplacement des hommes par des femmes. 35,64% de femmes siègent dans les Conseils d'Administration, un net progrès atteint grâce à la loi Copé-Zimmermann, alors qu'elles ne représentaient que 8,5% des effectifs des Conseils d'Administration en 2007.
  2. Cette augmentation du nombre d'administratrices ne se traduit pas par un accroissement du nombre de femmes dans les Comités Exécutifs. Elles sont seulement 11,59% à siéger dans les lieux de pouvoir masculins que sont les Comités exécutifs, ce que Michel Ferrary apparente à « l'irréductible plafond de verre supérieur » alors que les femmes représentent 31,69% des cadres. En 2007, les femmes représentaient 8% des membres des Comités Exécutifs de grandes entreprises. Cette faible évolution en 10 ans (+3,59%), illustre la persistance de ce plafond de verre et milite pour une nouvelle initiative législative en faveur de quotas.

 

  1. Le croisement de la féminisation des Conseils d'Administration (contrainte par la loi) et des Comités Exécutifs (laissée libre à la volonté des dirigeants) met en évidence quatre catégories d'entreprises : les Championnes de la Diversité, qui affichent un pourcentage de femmes dans les deux instances de gouvernance supérieur à la moyenne (ENGIE, Sodexho, L'Oréal, Publicis), les Machistes Contrariées où le pourcentage de femmes dans le CA est supérieur à la moyenne mais le pourcentage dans le CE inférieur à la moyenne, voire nul (Altran, Vivendi, Technip, Eiffage…), les Irréductibles Machistes où les pourcentages de femmes dans les deux instances de gouvernance sont inférieurs à la moyenne (LafargeHolcim, Airbus, Carrefour…)  et les Potentielles Championnes de la diversité où le pourcentage de femmes est élevé dans le Comité Exécutif mais inférieur à la moyenne dans le Conseil d'Administration (Orange, Dassault Systèmes, Saint Gobain…).
  2. Le croisement de la féminisation des Comités Exécutifs et des populations Cadres fait émerger quatre catégories d'entreprises : Les Féminines qui utilisent leur important vivier de femmes cadres pour féminiser leur Comité Exécutif.  Les Masculines, dont le faible taux de femmes cadres limite la féminisation de leur Comité Exécutif,  les Machistes, qui disposent d'un très important vivier de femmes cadres mais ne l'utilisent pas et les Amazones dont le vivier est limité mais l'utilisent au maximum pour féminiser leur Comité Exécutif.
  3. Le croisement de la féminisation des populations Cadres et des effectifs met en avant une accentuation de la bipolarisation sexuelle des entreprises : les entreprises féminines sont de plus en plus féminines et les entreprises masculines, de plus en plus masculines.
  4. La rentabilité opérationnelle moyenne sur 5 ans (EBITD) de l'entreprise est positivement corrélée avec le pourcentage de femmes cadres dans l'entreprise. L'analyse sectorielle du Luxe, de la Finance et de l'Automobile le confirme.

Retrouvez l'intégralité des résultats de l'Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises :

http://www.skema-bs.fr/facultes-et-recherche/recherche/observatoire-de-la-feminisation

 

L'Observatoire SKEMA de la Féminisation des Entreprises constitue l'un des piliers de la Chaire Femmes et Entreprises de l'école dont l'objectif est de promouvoir l'égalité professionnelle et la mixité dans l'entreprise autour d'actions concrètes auprès des étudiants et des étudiantes, d'actions dans la société civile (réseaux de femmes, conférences-débats), de recherches et de partenariats, comme celui mis en place courant 2017 avec le soutien de la Fondation Egalité Mixité dont SKEMA est lauréat.

 

A propos du Professeur Michel Ferrary : Il publie en 2010, dans la revue du CNRS « Travail, genre et sociétés » l'article « Les femmes influencent-elles la performance des entreprises ? » et en 2013  l'article « Femina Index : betting on gender diversity is a profitable SRI strategy » dans la revue Corporate Finance Review. Régulièrement consulté par des entreprises et des administrations sur les questions liées à la Diversité et l'inclusion dans les organisations, Michel Ferrary est Professeur de management à l'Université de Genève et Chercheur-affilié à SKEMA Business School.

A propos de SKEMA Business School : Avec plus de 7500 étudiants et 37 000 diplômés, SKEMA Business School est une école globale qui, par sa recherche, ses programmes d'enseignement, sa structure multi sites internationale forme et éduque les talents dont ont besoin les entreprises du XXIe siècle. Désormais, l'école est présente sur 6 sites : 3 en France (Lille, Sophia-Antipolis, Paris), 1 en Chine (Suzhou), 1 aux Etats- Unis (Raleigh) et 1 au Brésil (Belo Horizonte). SKEMA est accréditée EQUIS AACSB et AMBA.

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Consultant innovateur dans le domaine des RH et des TIC, Stéphane Poignant décrypte via sa plateforme, l’impact du digital et du numérique sur la fonction RH. Concepteur, formateur au CEPRECO (CCI de Lille), chez IFOCOP, CESI, PIGIER, il est chargé d'enseignement au CNAM de Lille. Stéphane Poignant a créé et a animé Indice RH, site Média de référence dans les Ressources Humaines durant une dizaine d’années.

Auteur de l’article : universityrh

Consultant innovateur dans le domaine des RH et des TIC, Stéphane Poignant décrypte via sa plateforme, l’impact du digital et du numérique sur la fonction RH. Concepteur, formateur au CEPRECO (CCI de Lille), chez IFOCOP, CESI, PIGIER, il est chargé d'enseignement au CNAM de Lille. Stéphane Poignant a créé et a animé Indice RH, site Média de référence dans les Ressources Humaines durant une dizaine d’années.

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