Et si l’on parlait aussi de « l’avant Burnout » ?

Et si l’on parlait aussi de « l’avant Burnout » ?
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coachmyday« L’épuisement professionnel (ou burnout) est un processus de dégradation du rapport de l’individu à son travail ; processus au bout duquel, complètement vidé de ses ressources, il s’écroule ». [1]

Voilà donc le maître-mot : un PROCESSUS, ce qui suppose un cheminement par lequel l’individu se rend progressivement exsangue de toutes ses forces vives. 

Le repérage :

– De signaux collectifs par des indicateurs liés au fonctionnement de l’entreprise (temps de travail, relations sociales, organisation du travail…) et des indicateurs liés à la santé et à la sécurité au travail (accidents du travail, suicides, harcèlements signalés…) ;

– De signaux individuels (vigilance de l’encadrement ou des acteurs de la prévention devant un changement de comportement au travail…) ;

permet l’identification de facteurs de risques psychosociaux (RPS).

Il est maintenant établi que les actions entreprises pour agir sur les facteurs de RPS sont autant de moyens préventifs du burnout.

Les articles L.4121-1

« L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs… » et L.4121-2 du Code du travail en son alinea 9 « Planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l'organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l'influence des facteurs ambiants, notamment les risques liés au harcèlement moral, tel qu'il est défini à l'article L.1152-1 ;… » imposent en lieu premier à l’employeur une obligation de sécurité.

L’article L.4122-1 du Code du travail

« Conformément aux instructions qui lui sont données par l'employeur, dans les conditions prévues au règlement intérieur pour les entreprises tenues d'en élaborer un, il incombe à chaque travailleur de prendre soin, en fonction de sa formation et selon ses possibilités, de sa santé et de sa sécurité ainsi que de celles des autres personnes concernées par ses actes ou ses omissions au travail » attribue donc également au salarié une obligation de sécurité, dite de moyens, pour lui-même et pour les autres, renforcée de fait selon sa responsabilité managériale. 

Depuis la financiarisation des entreprises, le travail s’est quelque peu retrouvé au service du résultat financier. La disruption apportée par cette nouvelle définition du travail a abandonné et abandonnera encore de nombreux laissés pour compte sur la route de leur carrière professionnelle, souvent au terme du lourd tribut payé par leur santé. 

Comment essayer de sauvegarder sa santé ? Comment essayer de lutter contre l’engrenage du processus précité?

Le harcèlement moral, le bore-out, le brown-out s’avèrent être de surcroît autant de catalyseurs du burnout.

Alors avant que le stress, la peur, le présentéisme et la mésestime de soi, remplaçant subrepticement le « travail plaisir », ne finissent immanquablement par envahir le quotidien en affectant également la vie personnelle, avant de voir poindre les signes annonciateurs de cet épuisement provoquant ce terrassement si spectaculaire, il apparaît important de visualiser régulièrement non seulement le positionnement de son entreprise, mais également et surtout son propre positionnement au sein de celle-ci.

Au-delà d’une idéale politique de maîtrise des risques professionnels menée par l’entreprise, il doit être gardé à l’esprit de chacun la notion de préservation de sa santé, sans omettre sa santé mentale. C’est une démarche individuelle d’acteur, certes difficile et anxiogène, mais il devient indispensable devant la débutante chronicité d’un mal-être au travail de se questionner sur la pertinence de son poste, sur l’adéquation de ses compétences en rapport avec le poste tenu, sur son ratio objectifs/moyens, sur les difficultés rencontrées (perfectionnisme, organisation, relations…) avec la meilleure honnêteté et objectivité possibles et de s’en ouvrir « rationnellement » à la Direction des Ressources Humaines.

D’autre part, si celui-ci vous est le cas échéant accessible [2], pourquoi ne pas assortir cette démarche d’un bilan de compétences?

Sauvegarder sa santé passe aussi par une « professionnalisation de son investissement au travail ». Qu’un surengagement soit lié à un rapport disproportionné au travail ou à une insécurité de l’emploi, il représente hélas le premier palier d’un débordement ouvrant une large porte au burnout.

Enfin, souvenons-nous que le sens au travail reste encore une fort belle gratification, notre meilleur guide au travail et ce, nonobstant des situations organisationnelles de conflits de valeurs rencontrées.

[1] Guide pratique à la prévention « Le syndrome d’épuisement professionnel ou burnout » Mieux comprendre pour mieux agir – Ministère du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social – Anact – inrs

[2] http://travail-emploi.gouv.fr/formation-professionnelle/formation-professionnelle-des-salaries/article/le-bilan-de-
competences

 

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Consultant innovateur dans le domaine des RH et des TIC, Stéphane Poignant décrypte via sa plateforme, l’impact du digital et du numérique sur la fonction RH. Concepteur, formateur au CEPRECO (CCI de Lille), chez IFOCOP, CESI, PIGIER, il est chargé d'enseignement au CNAM de Lille. Stéphane Poignant a créé et a animé Indice RH, site Média de référence dans les Ressources Humaines durant une dizaine d’années.

Auteur de l’article : universityrh

Consultant innovateur dans le domaine des RH et des TIC, Stéphane Poignant décrypte via sa plateforme, l’impact du digital et du numérique sur la fonction RH. Concepteur, formateur au CEPRECO (CCI de Lille), chez IFOCOP, CESI, PIGIER, il est chargé d'enseignement au CNAM de Lille. Stéphane Poignant a créé et a animé Indice RH, site Média de référence dans les Ressources Humaines durant une dizaine d’années.

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