44% des Françaises estiment ne pas bénéficier d’une pleine égalité avec les hommes

44% des Françaises estiment ne pas bénéficier d’une pleine égalité avec les hommes
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Paris, le 7 mars 2017 – A la veille de la Journée Internationale des Femmes, une nouvelle étude Ipsos menée dans 24 pays révèle que même si une vaste majorité (88%) des citoyens se montre favorable à l'égalité des chances entre hommes et femmes, près des trois quarts (72%) jugent que cette égalité n'est pas une réalité dans leur propre pays.

Chiffres de l'étude pour la France :

Une très large majorité des Français (87%) estime que hommes et femmes devraient bénéficier d'une totale égalité des chances. Ils sont même 65% à se définir comme féministes.
Pour autant, 44% des Françaises estiment ne pas bénéficier d'une pleine égalité avec les hommes.
Le sentiment que les femmes sont inférieures aux hommes est marginal en France, mais il n'a pas totalement disparu : seuls 15% jugent que les hommes sont plus capables dans certains domaines essentiels de la vie publique (éducation, travail), et 12% pensent que les femmes sont inférieures aux hommes.

Une égalité inachevée

Au niveau mondial, une très nette majorité (88%) déclare croire en l'égalité des chances entre les hommes et les femmes, un chiffre qui est similaire auprès des deux sexes : 86% des hommes et 89% des femmes partagent cette opinion. Cette opinion est largement majoritaire dans l'ensemble des pays, avec un niveau compris entre 94% (en Suède et en Argentine) et 71% (au Japon).

Pour autant, en moyenne, 72% des personnes interrogées disent que des inégalités entre les droits politiques, économiques et/ou sociaux des hommes et des femmes existent dans leur propre pays. Une opinion majoritaire dans l'ensemble des pays sauf en Russie (seuls 42% des Russes perçoivent des inégalités hommes/femmes), et qui est aussi sensiblement plus élevée chez les femmes (76%) que chez les hommes (68%). En France, 78% pensent que les femmes souffrent d'inégalités en matière politique, économique ou sociale, soit un des niveaux les plus élevés d'Europe, nettement devant la Pologne (59%), l'Allemagne (63%), l'Italie (68%) ou le Royaume-Uni (71%).

Cependant, les femmes sont plus positives sur leur situation personnelle. Ainsi, 60% d'entre elles en moyenne pensent qu'elles bénéficient d'une égalité complète avec les hommes dans leur pays et qu'elles ont la possibilité de réaliser leurs rêves et d'atteindre leurs objectifs – mais 40% ne sont toutefois pas d'accord. C'est notamment en Europe du sud (Espagne, Italie), en Asie (Japon, Corée du sud), mais aussi en Turquie ou au Brésil que les femmes estiment ne pas bénéficier d'une égalité de traitement dans leur propre vie. En France, les femmes âgées de moins de 35 ans (49%) sont plus enclines que leurs aînées (41% chez les plus de 50 ans) à juger que l'égalité n'est pas atteinte.

Une défense active de l'égalité  des droits

Plus de la moitié (58%) des citoyens des 24 pays interrogés se considèrent comme féministes, les femmes ayant plus tendance à se définir ainsi que les hommes (62% contre 55%). Cependant, moins de la moitié se disent féministes en Allemagne (37%), en Russie (39%), au Japon (42%) ou en Hongrie (46%). Et si une large majorité (83%) des Indiens se dit féministe, ce chiffre témoigne de grandes différences d'interprétation de ce terme dans des pays de cultures très différentes : se déclarer féministe en Inde n'appelle probablement pas les mêmes opinions et les mêmes attitudes qu'en Scandinavie. De plus, la méthodologie de l'étude, réalisée en ligne, conduit à interroger des populations aisées, diplômées et urbaines dans les pays émergents, avec un impact certain sur les résultats. Reste qu'obtenir l'avis de ces classes moyennes en plein développement et prescriptrices d'opinion est un but en soi.

En France, 65% des personnes interrogées se disent féministes, ce qui est un pourcentage assez élevé comparé à nos voisins : 63% en Espagne, 58% au Royaume-Uni, 56% en Belgique et même 37% en Allemagne. Etonnamment, ce sont d'ailleurs surtout les seniors qui se proclament féministes : 74% chez les plus de 50 ans, contre 58% parmi les 35 ans et moins.

Parallèlement, la majorité des sondés (68%) déclare défendre activement les droits des femmes en agissant directement pour changer les choses, avec une proportion similaire d'hommes et de femmes. Toutefois, ce chiffre est plus faible en France (59%). A noter qu'un quart des personnes interrogées (24%) dit avoir parfois peur de prendre position en faveur des droits des femmes, une situation que l'on rencontre notamment en Inde (50%) et en Turquie (39%). Dans la plupart des pays, un niveau de diplôme supérieur prémuni en partie contre ce type de craintes.

Une perception traditionnelle des genres en recul

Les stéréotypes de genre, s'ils sont en recul, n'ont pas disparu, notamment en Europe de l'est et en Asie. L'opinion selon laquelle les hommes sont plus à même que les femmes d'obtenir des succès scolaires ou professionnels est partagée par 25% des personnes interrogées au niveau global, et même par 56% des Chinois, 54% des Russes ou 48% des Indiens. De même, une personne sur cinq (18%) pense que les femmes sont inférieures aux hommes, dont 46% des Russes et 33% des Serbes, ou encore 46% des Indiens et 24% des Chinois. Enfin, 17% des personnes interrogées jugent que les femmes devraient avant tout avoir et élever des enfants, et ne devraient pas aspirer à une vie sociale hors du foyer. Là encore, Indiens (44%), Russes (30%) et Chinois (24%) se montrent particulièrement traditionnalistes. Les Français partagent en revanche beaucoup moins ces opinions : 12% pensent que les hommes sont supérieurs aux femmes ou que les femmes devraient avant tout s'occuper de leur famille.

Sur ces différentes questions, on constate au niveau global des niveaux très proches entre les hommes et les femmes, signe que la culture et les traditions des différents pays pèsent d'un poids très lourd sur la perception des rôles des sexes, au-delà même du propre sexe des répondants.

 Étude réalisée online, du 20 janvier au 3 février 2017 auprès de 17 551 personnes âgées de 16 à 64 ans dans 24 pays : Afrique du Sud, Allemagne, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Belgique, Brésil, Canada, Corée du Sud, Espagne, France, Royaume-Uni, Hongrie, Inde, Italie, Japon, Mexique, Pérou, Pologne, Russie, Serbie, Suède, Turquie et États-Unis.

À propos du Ipsos Global @dvisor

Ipsos Global @dvisor est un large dispositif mené chaque mois par Ipsos dans 22 à 27 pays du monde. Il présente 2 volets :

Economic Pulse, baromètre mensuel qui mesure la perception des citoyens de l'économie de leur pays,
La perception des citoyens du monde sur des sujets d'actualités.


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Consultant innovateur dans le domaine des RH et des TIC, Stéphane Poignant décrypte via sa plateforme, l’impact du digital et du numérique sur la fonction RH. Concepteur, formateur au CEPRECO (CCI de Lille), chez IFOCOP, CESI, PIGIER, il est chargé d'enseignement au CNAM de Lille. Stéphane Poignant a créé et a animé Indice RH, site Média de référence dans les Ressources Humaines durant une dizaine d’années.

Auteur de l’article : universityrh

Consultant innovateur dans le domaine des RH et des TIC, Stéphane Poignant décrypte via sa plateforme, l’impact du digital et du numérique sur la fonction RH. Concepteur, formateur au CEPRECO (CCI de Lille), chez IFOCOP, CESI, PIGIER, il est chargé d'enseignement au CNAM de Lille. Stéphane Poignant a créé et a animé Indice RH, site Média de référence dans les Ressources Humaines durant une dizaine d’années.

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